Centenaire de la Guerre

Lettres

Par PATRICK VILTART, publié le mercredi 7 mai 2014 10:37 - Mis à jour le mercredi 7 mai 2014 13:26
Lettres en général
 
La Première Guerre mondiale commença le 1er août 1914 pour s'achever le 11 novembre 1918 (l’armistice: qui est un jour férié depuis).
 
Durant cette guerre, les soldats (ou 'poilus' comme on les surnomme également) avaient des conditions de vie atroces.
 
Outre cela, ils devaient quitter leurs familles , leurs amis etc...
Mais ils essayaient de garder le contact avec leurs proches en envoyant des lettres mais sans être sûr que leurs destinataires les recevraient.
La correspondance était importante pour les poilus car en plus d'avoir quitté leurs proches pour combattre et partir sans peut-être jamais revenir, ils étaient seuls et la correspondance était donc primordiale pour eux.
Voici trois extraits de lettres de poilus datant de la Première Guerre mondiale.
 
 
La première date du 18 mars 1916 et est écrite par le soldat Charles Guinant pour sa femme:
 
« Ma chérie,
Je t'écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S'il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m'a coûté mon pied gauche et ma blessure s'est infectée. Les médecins disent qu'il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. [...]Dans ta dernière lettre, tu m'as dit que tu étais enceinte depuis ma permission d'il y a deux mois. Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la France. Et surtout, fais en sorte à ce qu'il n'aille jamais dans l'armée pour qu'il ne meure pas bêtement comme moi.
Je t'aime, j'espère qu'on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m'as fait passer, je t'aimerai toujours. Adieu»
Soldat Charles Guinant
 
Celle-ci est datée du 30 mai 1917 par le soldat Henri Floch, elle est destinée à sa femme Lucie.
« Ma bien chère Lucie, Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. [...] Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l'âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l'embarras dans lequel je vais te mettre... Ma petite Lucie, encore une fois, pardon.
Je vais me confesser à l'instant, et j'espère te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d'abandon de poste qui m'est reproché. Si au lieu de m'échapper des Allemands, j'étais resté prisonnier, j'aurais encore la vie sauve.
Ma dernière pensée, à toi, jusqu'au bout. »
Henri Floch
 
La dernière est une lettre d'Eugène-Emmanuel Lemercier datant du 22 février 1915 destinée à sa mère :
 
« T u ne peux savoir, ma mère aimée, ce que l’homme peut faire contre l’homme. Voici cinq jours que mes souliers sont gras de cervelles humaines, que j’écrase des thorax, que je rencontre des entrailles. Les hommes mangent le peu qu’ils ont, accotés à des cadavres. Le régiment a été héroïque : nous n’avons plus d’officiers. »
 
Nous pouvons donc dire que ces lettres montrent non seulement la violence et l'atrocité de la guerre ainsi que l'inquiétude, la peur du lendemain, c'est à dire qu'ils ne seront pas si ils seront encore vivants le lendemain mais également la solitude des soldats.
 
Bourhimi ; Roca ; Bouam ; Ait Ouali.
 
Sources :
http://moulindelangladure.typepad.fr/monumentsauxmortspacif/essai_de_perception_nouve.html http://www.monde-diplomatique.fr/2001/11/A/8217